Au collège, la mesure du « Choc des savoirs », qui tente d’imposer en mathématiques et en français le tri des élèves selon leur niveau, aura pour conséquence une ségrégation sociale et sexuée des élèves dès la 6ᵉ. Les inégalités, dans ces matières, se renforceront : les groupes « faibles » concentreront les élèves issus des milieux populaires et ceux atteints de troubles de l’apprentissage, sans véritable espoir de changer de groupe jusqu’à la fin du collège, pesant lourdement sur l’orientation au lycée.
C’est la question du séparatisme scolaire qui se pose ici, notamment en Éducation prioritaire, car ledit « choc » y constitue une attaque massive. L’instauration du tri social par la baisse des moyens existants et l’augmentation des évaluations normalisées sera un outil de sélection, avec les risques prévisibles d’effondrement quant aux enjeux de performance scolaire. Elle aiguillonnera les élèves des classes populaires vers des parcours d’étude professionnels courts.
En outre, alors que l’Éducation nationale se vante d’avoir favorisé l’École inclusive, cette mesure, a contrario, risque d’augmenter les inégalités par le regroupement probable des élèves à besoins particuliers. Et qu’en sera-t-il de leur poursuite de scolarité tandis que l’entrée au lycée va dépendre de l’obtention du DNB ?
Pour finir, le « Choc des savoirs » remet en question la garantie d’un même accès à l’Éducation et le droit aux élèves d’apprendre ensemble, en dépassant leurs différences sociales, scolaires et leurs besoins particuliers. Parce que la mixité et l’hétérogénéité scolaires jouent un rôle essentiel de socialisation, ce dont les élèves ont besoin n’est pas d’un électro-choc des savoirs, mais bien de moyens et des bienfaits d’une pédagogie émancipatrice. Ensemble, refusons ces mesures iniques !
Mai 28 2024
