Avec la labellisation des manuels dès septembre 2024 (puis sur le reste des niveaux jusqu’en 6ème à compter de septembre 2025 et jusqu’en terminale en 2026), avec des évaluations à profusion, des groupes de niveau à amorcer en fin de CM2 pour en assurer une mise en œuvre dès la 6ème , avec de nouveaux programmes en cycles 1 et 2… le train de la casse de l’École publique est en marche, il est même parti dans une course folle vers un modèle libéral anglo-saxon éculé, dans lequel il y a plus de perdants que de gagnants.
« Nous ne sommes pas des déchets ». Car personne n’est dupe : les groupes de niveau dans les matières fondamentales de mathématiques et de français ne serviront qu’à séparer les élèves en fonction d’un niveau supposé, fondé sur des évaluations imposées, et contestées par nombre de collègues. Aux classes « poubelles » feront face des classes d’élite. À celles qui destineront prématurément les élèves au marché du travail après des études raccourcies, avec le lot de sentiments de relégation, de dévaluation et d’injustice pour les premiers, feront face celles qui permettront l’accès à des métiers davantage qualifiés et rémunérés.
Avec ce choix d’École, c’est l’avènement d’une société qui accentue les séparations entre individus et leur stigmatisation qui se profile, une société hiérarchisée, aux places réservées pour une minorité en haut de l’échelle et qui porte un projet où l’ambition éducative et sociale restent minimales. L’ambition oui, mais pas pour tous et toutes : à chacun son programme, à chacun son savoir, à chacun sa route !
La CGT Éduc’action porte, dans tous ses corps de métiers, une tout autre vision de l’École mais aussi de la société. Il est de notre responsabilité de reprendre le contrôle au plus vite.
Mai 28 2024
