« PRÉPA-SECONDE » : ZONE DE DÉCROCHAGE ?

Le « Choc des savoirs » se décline de l’école au lycée. La stigmatisation et le tri social à l’œuvre dans la mise en place des groupes de niveau au collège se poursuivront donc au lycée avec la « prépa-seconde », pour les élèves ayant échoué au Brevet.
Cette année, le dispositif sera proposé aux familles volontaires et une classe unique sera ouverte dans l’académie, au LPO Diderot, mais il a vocation à être généralisé et Attal a déjà prévenu : « Les résultats au brevet vont baisser ! » Faire progresser tous les élèves ne serait plus un objectif du ministère ?
En expérimentant une seule classe à Paris, le rectorat se laisse la possibilité de sélectionner les dossiers pour disposer d’un bilan qui lui permettra d’envisager la généralisation. Mais dans un contexte d’austérité, quid des moyens ?
Concrètement, les horaires seront allégés en comparaison d’une classe de 3ᵉ ou de 2ᵈᵉ, avec 7h de méthodologie et de préparation à l’orientation. Les programmes ne seront pas définis nationalement, le choix de certaines disciplines se fera localement et la logique de « projet » prévaudra.
Ce qui n’aura pas fonctionné au collège, et aura privé bon nombre d’élèves d’une mixité sociale et scolaire, ne fonctionnera pas davantage en prépa seconde. Ce sera l’aboutissement d’une voie de garage engagée dès le CM2, qui mènera dans bien des cas au décrochage et à la déscolarisation. En réalité, il s’agit de montrer l’apprentissage comme la seule issue possible.
La cohérence des mesures du « Choc des savoirs », renoncement historique à la démocratisation de l’École au service des classes favorisées, doit nous amener à poursuivre et à amplifier la lutte, y compris dans les lycées. Les collègues du lycée Diderot, en s’opposant à ce projet, nous montrent la voie.