LE CHOC DES SAVOIRS ATTAQUÉ DÈS LE CP

Les évaluations imposées depuis 2018 sont, en cette rentrée 2024, un des maillons de la mise en place du Choc des savoirs et des groupes de niveaux, dont l’idée forte est de trier les élèves dès le primaire. Du CP à la seconde, le « pilotage pédagogique » qui les accompagne va se renforcer ainsi que le contrôle des IEN et des IPR sur les classes. Il ciblera les circonscriptions et les écoles dont les résultats sont inférieurs à la moyenne des résultats des circonscriptions ou des écoles de sociologie comparable.
Ces évaluations standardisées visent à adapter notre pédagogie aux résultats. Nous savons qu’il s’agit ni plus ni moins d’un tri précoce des élèves et d’un contrôle de nos pratiques. Que l’on se rassure, nous resterions libres de notre pédagogie mais « dans le cadre du guide orange, avec un manuel labellisé, compagnon de l’apprentissage » tout en restant comptables des résultats et bien entendu enjoint·es d’appliquer les « bonnes méthodes ».
À mille lieues de nos revendications (davantage de confiance en nos méthodes et en nos modes d’évaluation, prise en compte des besoins fluctuants d’une classe d’êtres vivants…) les évaluations standardisées et imposées à tous les niveaux restent pauvres du point de vue didactique, anxiogènes et qui plus est pédagogiquement inadaptées, car extérieures au vécu des élèves. Elles ne servent qu’à fournir des données pour le pilotage des établissements et à mettre en place les fameux groupes de niveaux au collège, groupes de niveaux dont l’inefficacité pour améliorer le niveau scolaire a été prouvé.

Pour toutes ces raisons et parce que le Choc des savoirs va transformer profondément notre métier et notre rapport aux élèves, nous appelons au boycott et à la mobilisation le 10 septembre et ses suites.