Gentrification parisienne, la part belle au privé

Paris voit ses familles les plus modestes fuir la capitale et sa gentrification galopante. La baisse démographique est particulièrement marquée et les écoles publiques se vident de leurs élèves. Mais les pouvoirs publics maintiennent de manière inflexible fermetures de classes et suppressions de postes, en dépit du bon sens, à l’aune de logiques exclusivement comptables. Les écoles fusionnent, disparaissent et in fine perdent leurs personnels. Les opérations de carte scolaire sont prévues après le second tour des élections municipales et 83 postes sont menacés pour la rentrée 2026. En attendant, le privé, dans son acception la plus large, se répand dans Paris.

La gentrification, forme d’embourgeoisement par les classes moyennes et supérieures des quartiers populaires (par l’habitat aux loyers élevés, l’aménagement de l’espace public et les commerces) pousse les familles les moins fortunées à la périphérie. Ce n’est pas simplement d’amélioration du bâti, de l’espace partagé ou des commerces, dont il s’agit. Il est évident qu’elle ne profite qu’à certains en dépossédant les autres, les plus fragiles et les plus pauvres, dans un mépris affiché de ce que ces derniers pourraient alors devenir.

Le tissu social et la mixité sont mis en péril ; des quartiers entiers, aux quelques écoles placées en éducation prioritaire, risquent d’en payer le prix fort.

La CGT continuera de s’opposer à cette course folle vers la privatisation de pans entiers de la vie parisienne, et la CGT Éduc’action Paris continuera d’exiger une éducation prioritaire pérenne et étendue aux écoles qui y prétendent, une carte scolaire ambitieuse en termes d’ouverture de classes et de création de postes afin que les écoles privées rentrent dans le giron du public, pour rendre à Paris ses enfants.