Nous savions que la Macronie se mettrait au service du Capital comme nous l’avons encore vu l’an dernier au sujet des retraites. Nous imaginions sans peine qu’elle travestirait avec cynisme les grandes avancées sociales comme avec l’utilisation abusive du CNR. Nous redoutions qu’elle applique une politique brutale pour les classes populaires ; on le constate avec sa chasse aux chômeurs et aux pauvres. Nous la découvrons prête à tout pour se maintenir au pouvoir, faisant la courte échelle aux idées d’une extrême droite qu’elle prétend cependant combattre. La loi immigration avait donné le ton, et voilà que, sous la houlette d’un pourtant jeune premier ministre, ressurgissent des idées passéistes, voire réactionnaires, qui ne manquent pas de stigmatiser la jeunesse.
Dans l’Éducation, l’institutionnalisation du tri social est ramenée dès l’entrée en 6ème avec la mise en place de groupes de niveaux dont personne ne veut. Le « Choc des savoirs » d’Attal-Belloubet traîne avec lui d’autres mesures toutes aussi dangereuses : futurs nouveaux programmes cadenassant les pratiques pédagogiques, labellisation des manuels, généralisation d’une évaluation permanente et standardisée qui remet en cause la professionnalité des enseignants, Diplôme National du Brevet transformé en examen d’entrée en seconde…
Pour la Fonction publique, le gouvernement flatte le populisme et prépare les esprits à une attaque des statuts visant à transformer le fonctionnaire citoyen en sujet.
Côté budget, c’est le régime strict qui est annoncé, prétendument pour réduire la fameuse dette. Il semble plutôt financer la marche à la guerre d’un Napolémacron qui veut défier Poutine en fermant les yeux à Gaza et sans toucher aux bénéfices du CAC 40, qui dans le même temps continuent d’enfler.
Notre École et notre société sont à un point de bascule. C’est par la mobilisation que nous sauverons l’ambition émancipatrice de la première et les fondements égalitaires de la seconde.
Le samedi 25 mai et les jours de grève prochains, manifestons notre mécontentement au côté d’une large intersyndicale, soyons nombreux contre ce projet d’École, soyons nombreux contre ce projet de société.
