À Paris, les enseignant·e·s non titulaires en CDD découvrent par mail à une semaine de la rentrée que leurs contrats ne seront pas renouvelés en septembre (pour celles et ceux qui parviennent à accéder à leur boîte académique !).
À une semaine de la rentrée, c’est direction France Travail et le retour à la précarité.
Le mail, envoyé le 21 août par le rectorat, justifie le non-renouvellement des CDD par les fermetures nombreuses de postes dans l’académie et par une forte augmentation des enseignant·es stagiaires, consécutive à la réforme du concours. La priorité a été accordée aux enseignant·es en CDI et aux TZR surnuméraires, sans affectation.
Pourquoi cette information brutale et tardive ?
LA SITUATION ÉTAIT CONNUE DEPUIS DES MOIS, LES CONSÉQUENCES LARGEMENT PRÉVISIBLES !
Rien ne justifie ce manque de considération. Après trois, quatre, voire cinq ans d’un engagement professionnel constant, la seule perspective proposée à nos collègues consiste à espérer recevoir en temps et en heure une attestation destinée à France Travail ! Le rectorat dit regretter « la situation difficile que cette absence de visibilité peut engendrer ».
Mais il n’est NULLEMENT question de difficultés surmontables ou de petites « incertitudes » ! On parle ici des moyens de subsistance de salarié·es à qui l’on n’offre que quelques jours pour trouver de quoi subvenir à leurs besoins et payer leur loyer le mois suivant !
Après avoir mené une politique de fidélisation avec des contrats à l’année sur zone de remplacement et la reprise de l’expérience professionnelle lors du recrutement, ce revirement soudain dans la gestion des ressources humaines est perçu par les intéressé·es de manière brutale.
Ce changement de cap entraîne une profonde incompréhension pour nos collègues qui se voient une fois de plus traité·es comme une simple variable d’ajustement… Quel mépris ! L’État employeur se comporte comme le plus cynique des patrons.
Pire, certains enseignant·es contractuel·les en CDD qui devaient basculer en CDI au cours de l’année scolaire 2025-2026 ont également reçu ce mail de non-reconduction qui n’aurait jamais dû leur être adressé !
Quelles perspectives pour les collègues ?
Tenter de trouver un emploi au 1ᵉʳ septembre 2026 ou reprendre le parcours du combattant et faire valoir leurs droits au chômage pour espérer percevoir d’ici à quelques mois les allocations de retour à l’emploi (ARE). C’est ainsi que plusieurs centaines de collègues vont basculer dans la précarité sans n’avoir rien pu anticiper faute d’information.
Pour les collègues en CDI les perspectives ne sont pas meilleures. Sans évolution salariale qui tienne compte de leur expérience de plus de six ans au sein de l’Éducation nationale, leurs conditions d’affectation et de travail risquent de se dégrader rapidement. Serait-ce une invitation à aller voir ailleurs ?
Et à l’avenir ?
La gestion de la pénurie et la mise en concurrence de personnels risquent de se répéter et de s’amplifier dans les prochaines années. Les futures rentrées, avec le doublement des concours de recrutement et les suppressions de postes annoncées, vont accroître ces situations dramatiques.
La CGT Éduc’action Paris refuse cette fatalité et réclame :
- le réemploi immédiat de tous·tes les agent·es en CDD en contrat CZR pour l’année 2026-2027 avec un accompagnement pour la titularisation qui tienne compte des acquis de l’expérience ;
- la revalorisation salariale de tous·tes les agent·es en CDI avec un accompagnement vers la titularisation qui tienne compte des acquis de l’expérience.
Nous invitons tous les personnels à se mobiliser pour soutenir nos collègues que le rectorat précarise ou abandonne !
Contactez-nous pour mener le combat contre la précarité et les non-renouvellements : ORGANISONS ENSEMBLE UNE RIPOSTE COLLECTIVE !
