Danger : la « GIPisation » des GRETA !

Du fait de gouvernances défaillantes et de chefs d’établissement peu ou pas formés, de plus en plus de GRETA se retrouvent dans une situation critique.

Certains GRETA en font déjà les frais : par manque d’anticipation de leurs directions, les difficultés financières se sont accumulées ces dernières années pour ces structures de l’Éducation nationales dédiées à la formation continue pour les adultes.

Le 17 avril 2025, le MEN s’est empressé de publier un décret permettant soit la création d’un groupement d’intérêt public (GIP) dédié, soit l’intégration des GRETA dans les GIP existants. Qu’est-ce qu’un GIP ? Il s’agit d’une structure à qui l’on délègue une mission de service public, sur le modèle des « Agences » britanniques créées par Thatcher…

On exclut de fait la formation continue du Ministère, c’est une véritable renonciation à la seconde mission de l’Éducation nationale !

Le passage en GIP n’est pas LA solution miracle et implique un changement de statut pour les personnels. Le nouvel employeur n’étant plus l’EPLE mais le GIP, c’est un changement juridique majeur pour les personnels.

La titularisation ne sera plus possible et les contractuels en GRETA risquent une perte des acquis antérieurs (ancienneté, rémunération, avancement, temps de travail, etc.) car leurs nouveaux contrats de travail dépendront entièrement des conditions prévues par la convention constitutive du GIP. Les instances de représentation des personnels dans les GIP existent mais selon des modalités moins favorables pour les personnels que celles de l’Éducation nationale.

Avec autant de régimes salariés que de GIP, il n’y aura plus aucune possibilité d’unification des droits des agents ! C’est la fin des GRETA et de leur mission de service public dans l’Éducation nationale !