Une voie pour Amara, luttons contre l’invisibilisation des morts au travail !

En septembre dernier, a eu lieu l’inauguration d’une allée du square Marie Curie dans le 13ème au nom d’Amara Dioumassi, mort au travail, premier ouvrier du BTP à donner son nom à un espace public.

En juin 2023, cet ouvrier du BTP, âgé de 51 ans, immigré malien, mourait sur le chantier du bassin d’Austerlitz destiné à améliorer la qualité de l’eau de la Seine pour les épreuves de natation des JO, percuté par un camion de chantier qui faisait marche arrière. Les règles de sécurité n’avaient pas été respectées : absence de bip de recul, absence de caméra de recul et absence d’un homme trafic pour orienter les engins. Contrairement aux chantiers gérés par la société de livraison des ouvrages olympiques qui bénéficiaient de contrôles renforcés, le chantier où travaillait Amara était un chantier de la Ville de Paris. L’inspection du travail a fait interrompre le chantier pendant dix jours pour des mises aux normes.

En avril 2024, à l’appel de la CGT et à l’occasion de la journée internationale pour la sécurité et la santé au travail, un rassemblement a rendu hommage à Amara pour réclamer la vérité sur ce drame. La CGT a demandé à la Mairie de Paris une marque durable dans l’espace public pour commémorer la mémoire d’Amara. Le Conseil de Paris a voté en juin 2025 la dénomination d’une voie à son nom.

Deux personnes meurent chaque jour sur leur lieu de travail, ce qui fait de la France le pire élève de l’Union européenne, surtout dans le BTP. Il s’agit le plus souvent d’ouvriers, mais les victimes sont aussi des apprentis ou des élèves en stage. Face à cette hécatombe silencieuse, et toujours dans l’attente de la tenue d’un procès public pour condamner les entreprises, la CGT continuera de dénoncer les manquements à la sécurité, et de lutter pour une société qui protège la vie plutôt que les profits.