L’audience intersyndicale du 2 septembre a permis d’obtenir plusieurs éléments sur les non-renouvellements de personnels contractuels à cette rentrée et sur les perspectives pour l’année prochaine.
200 collègues concernés
Le rectorat a confirmé avoir envoyé 200 mails de non-renouvellement à des personnels contractuels enseignants du second degré. Les disciplines concernées sont les lettres, l’anglais, les mathématiques et l’histoire-géographie.
Les disciplines professionnelles ne sont pas concernées, pas plus que les personnels contractuels du premier degré et les personnels administratifs pour le moment.
Les explications données par le rectorat
Selon le rectorat, approximativement la moitié des 200 non-renouvellements s’explique par les résultats aux concours et l’augmentation du nombre de berceaux nécessaires pour accueillir les lauréat·es.
Le nombre de reçu·es aux deux concours a augmenté de 35 %. Le nouveau concours accessible en fin de licence (L3) a également eu un impact. Parmi les lauréat·es, beaucoup avaient déjà commencé un master et/ou disposaient d’une expérience professionnelle. Ils et elles sont donc placé·es devant élèves dès leur première année et nécessitent un berceau correspondant à un service de 9 heures.
Cela expliquerait environ 100 des 200 non-renouvellements.
L’autre moitié serait liée aux importantes suppressions de postes décidées antérieurement dans l’académie de Paris, dont les effets sur les supports disponibles pour les contractuel·les se font pleinement sentir cette année.
Une situation connue bien avant la rentrée
L’audience a surtout permis de préciser la chronologie.
Dès la fin juin, le rectorat savait qu’une centaine de contractuel·les ne pourraient pas être maintenu·es à la rentrée. Il a choisi d’attendre les résultats des concours pour disposer d’une vision plus complète.
Vers le 25 juillet, la situation était connue dans son ensemble : le rectorat savait que 200 collègues seraient concernés.
Il a néanmoins décidé de ne pas les informer à ce moment-là. L’explication avancée est que les services allaient fermer pour les congés d’été et que le rectorat ne souhaitait pas annoncer cette mauvaise nouvelle à des collègues qui n’auraient ensuite eu personne à qui s’adresser.
Mais aucun élément nouveau intervenu entre la fin juillet et la fin août ne justifie que l’annonce ait finalement été repoussée jusqu’à quelques jours de la rentrée.
Pour la CGT Éduc’action, ce choix a surtout permis au rectorat de conserver jusqu’au dernier moment un vivier de personnels contractuels disponibles en cas de besoins à la rentrée, tout en limitant leurs possibilités de chercher un emploi ailleurs.
Les personnels contractuels ne peuvent pas servir de variable d’ajustement et être maintenus dans l’incertitude alors que l’administration connaît leur situation plusieurs semaines auparavant.
Une rentrée 2027 qui s’annonce encore plus difficile
La situation risque de s’aggraver dès l’année prochaine.
Le rectorat sait déjà que 150 lauréat·es actuellement en première année de formation, et qui ne sont pas cette année en stage devant élèves, devront disposer d’un berceau à la rentrée 2027.
Ces 150 besoins sont donc déjà identifiés. À cela viendront s’ajouter les berceaux nécessaires aux lauréat·es des deux prochains concours, ainsi que les conséquences de nouvelles suppressions de postes liées à la baisse démographique sur l’académie de Paris.
Sans changement de politique, le nombre de contractuel·les qui ne pourront pas être reconduit·es pourrait donc largement dépasser les 200 à la rentrée 2027.
Cette fois, une partie importante des difficultés est connue près d’un an à l’avance. Le rectorat ne pourra pas prétendre découvrir la situation au dernier moment.
Une seule ouverture : le réexamen de certaines situations
Le seul point sur lequel nous avons obtenu une ouverture concerne certaines situations individuelles particulièrement difficiles.
Le rectorat accepte de réexaminer les dossiers des collègues en cours de renouvellement de titre de séjour ou de demande de nationalité, pour lesquels l’absence de contrat peut avoir des conséquences importantes sur leurs démarches administratives.
L’académie accepte également de réétudier la situation des collègues arrivant à leur cinquième ou sixième année de contrat et qui se trouvent proches d’une possible CDIsation.
Il n’y a cependant aucune garantie de renouvellement : le rectorat s’est uniquement engagé à réexaminer individuellement ces situations.
Nous invitons donc les collègues concernés à nous faire remonter rapidement leur dossier afin que nous puissions intervenir et en assurer le suivi.
