La question des rythmes de l’enfant, et donc des rythmes scolaires, traverse le monde de l’Éducation depuis des décennies. Dans le 1er degré, on a connu une accélération des réformes ces dernières années sous l’impulsion de Sarkozy puis de Peillon. Pour le premier, sa volonté était de réduire le temps de scolarité (de 26 à 24 heures) sur 4 jours pour y inclure 2 heures de « soutien » aux élèves en difficultés et ainsi « amortir » la disparition programmée des RASED et de la prise en charge spécialisée. Pour le second, l’idée était de revenir à 9 demi-journées de classe, tout en offrant aux élèves une ouverture culturelle et sportive sous le pilotage des collectivités territoriales et donc ancrer une territorialisation de l’Éducation. Ces dernières réformes, jamais évaluées ni corrigées, ont produit des dégâts évidents, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les personnels.
La comparaison entre les différents systèmes éducatifs nationaux peut être pertinent, mais il ne faut pas oublier d’analyser les éléments objectifs actuels de notre système qui soulignent un manque flagrant de personnels enseignants, des sureffectifs/classe records, un encyclopédisme pédagogique et des savoirs axés quasi exclusivement sur les apprentissages fondamentaux… Et qui permettent d’expliquer grandement les résultats des élèves aux évaluations internationales. Discuter ou confronter les propositions formulées ne tient pas du conservatisme comme certain·es ont voulu le faire, ciblant ainsi les organisations syndicales. Au contraire, c’est un impératif pour avancer vers de profonds changements partagés et acceptés. On ne peut rien faire contre l’avis des professionnel·les de l’Éducation.
Parmi les solutions indispensables pour réduire les temps hors des familles et améliorer une partie des temps de l’enfant, il y a l’indispensable réduction du temps de travail des salarié·es/familles avec le passage aux 32h portée par la CGT, tout en abordant la question de l’égalité professionnelle femme-homme ou la déconnexion du temps de l’élève de celui des enseignant·es…Pour la CGT Éduc’action, toute nouvelle proposition de réduction de la scolarité est à repousser. En limitant à nouveau ce temps, on accentue irrémédiablement les inégalités sociales et scolaires car on sait très bien que pour les enfants socialement défavorisé·es, tout éloignement de l’École est un temps de moins d’apprentissages. Il nous faut revendiquer davantage d’école et du « mieux » d’école où les « fondamentaux » ne seraient plus l’alpha et l’omega des apprentissages ni une source de tri scolaire.
Finalement, avant de reformuler complètement notre système, il y a urgence à gagner immédiatement quelques revendications préalables que porte la CGT Éduc’action : déconnecter le temps élève (26 heures et la suppression des APC) du temps enseignant·e (18 heures) avec développement des personnels enseignant·es surnuméraires titulaires, recruter et former à hauteur des besoins des AESH titulaires de la Fonction publique, garantir à l’enfant le temps d’apprendre sans sacrifier les apprentissages à l’évaluationnite, établir un cadre national des rythmes scolaires pour garantir l’égalité de traitement et éviter la mainmise des collectivités sur l’Éducation, réfléchir et développer les structures d’accueil, garantir l’alternance 7 semaines de cours / 2 semaines de vacances sur 36 semaines et sans zonage.
Pour la Cgt Éduc’action la réduction du temps de travail doit être au cœur de nos batailles et ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail et d’apprentissages. Nous portons un projet global de société portant aussi sur les rythmes de l’enfant, de l’élève, des personnels et des parents.
