Rentrée en LP… Ça repart en Y !

Alors que le bilan de l’expérimentation grandeur nature du parcours différencié en classe de terminale Bac Pro est catastrophique, réalisant les prédictions, faciles à prévoir, que nous avions faites il y a plus d’un an, le ministère croit ménager la chèvre et le chou en le réduisant de deux semaines. Qu’est-ce à dire ? Malgré la pression des chefs d’établissement qui ont exigé un moratoire et l’enquête menée conjointement par la CGT et la FSU auprès des collègues, le ministère s’est entêté ou à fait mine de ne pas entendre…

Il devient urgent de stopper la casse des lycées professionnels et d’obtenir l’abrogation définitive de ce dispositif. Non seulement il n’a aidé aucun jeune à s’insérer, mais au contraire a augmenté très largement le décrochage. Il faut récupérer ces dizaines d’heures perdues, notamment en enseignement professionnel. Nous ne pouvons plus tolérer les conséquences des réformes Blanquer puis Grandjean, qui multiplient les modules (co-intervention, consolidation ou soutien au parcours, chef-d’œuvre) en réduisant les heures disciplinaires et en édulcorant les contenus pédagogiques ; sans compter la liberté que s’octroient certains chefs en répartissant ce paquet d’heures de manière souvent ubuesque ou clientéliste. Il faut aussi juguler la place croissante que prend l’entreprise au sein des établissements, alors qu’il est démontré qu’elle n’est pas un lieu de formation ! Doit-on rappeler le décès tragique de trois jeunes entre avril et juillet 2025 ?

Enfin, l’adéquation recherchée et prônée entre marché du travail et formation professionnelle va engendrer une refonte de la carte des formations, envisagée localement entre régions et régions académiques, en ciblant particulièrement les filières dites “non-insérante”. Nous dénonçons cette forme d’assignation à résidence et demandons, au contraire, pour répondre aux enjeux écologiques et sociaux d’augmenter le niveau de qualification de la jeunesse tel qu’il soit reconnu dans les conventions collectives et non de les orienter massivement vers des formations en bac +1 non qualifiantes.