La CGT Éduc’action Paris ne cesse de le répéter, l’entreprise n’est pas l’alpha et l’oméga de la formation professionnelle. On va plus loin en affirmant qu’elle n’est pas un lieu de formation, voire qu’elle est souvent dangereuse pour les élèves. Entre avril et juillet 2025, ce sont cinq jeunes qui ont perdu la vie ; le plus jeune était un élève de troisième. Ces drames récents doivent nous permettre de réévaluer l’apport des PFMP pour les élèves. Quid des tâches répétitives, ou de celles peu conformes aux référentiels, sans compter les difficultés à trouver un stage qui poussent certains à se rabattre sur ce qu’ils trouvent, faute de mieux ?
Il s’agit aussi de la place du jeune dans l’entreprise, telle qu’elle existe aujourd’hui et dont le profit demeure l’unique horizon. Car l’élève jusqu’à 18 ans est mineur et par conséquent doit être considéré comme un enfant. On oublie fréquemment qu’il s’agit d’enfants que nous livrons pour de longues périodes à des structures essentiellement composées d’adultes. C’est des enfants qui sous prétexte qu’ils sont issus de milieu populaire seraient mûrs plus tôt ? Ce n’est pas aux élèves qui s’orientent vers la voie générale à qui l’on demande dès 14 ans de choisir un métier, ou plutôt une famille de métiers.
Ce recours à l’entreprise pour former nos élèves n’a pas toujours été la norme. Les premiers stages ont été créés en 1985, avec le Bac pro. Depuis ce sont des dizaines, voire des centaines d’heures d’enseignement qui ont été supprimées par la grâce des réformes successives. Il est temps de redonner du temps scolaire à nos élèves !
Nous devons autant réfléchir à leurs conditions d’accueil en établissement (mais aussi de la qualité du bâti et des effectifs par classe), qu’à celles qu’ils rencontrent en entreprise. Les risques liés à l’exposition aux produits chimiques et à divers types de violences, telles que les VSS, ne sont pas exceptionnels et caractérisent trop souvent le quotidien de nos élèves.
*Périodes de formation en Milieu Professionnel
